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Cuers est le berceau d'hommes célèbres et courageux. Citons : Jean de GANTES libérateur du siège des Tuschins au XIVème siècle puis, Paul PANISSE, Benjamin FLOTTE ET Marius-Désiré MOURRE qui luttèrent au XIXème siècle pour la République, lors de l'insurrection de 1851 et de nombreux autres.
La plus ancienne trace de l'homme découverte sur le territoire de notre région remonte au paléolithique inférieur (17 000 av.J.C)
Les découvertes d'aiguilles en os percées, de haches de pierres taillées, polies, de grattoirs attestent de cette présence.
Avant les hommes, les animaux. Savez-vous que des ossements de cervidés ont été retrouvés sur le site de la carrière-ossements datés de plus de 400 000 ans.


L'AGE DES METAUX (2500-1900 AV.J.C)


Cette époque témoigne d'une société organisée avec des rites et croyances : tumulus (amas au-dessus d'une sépulture) située aux Antiquailles, haches et poignards datant de l'âge du bronze ancien (2500-1500 av J.C), pointes de flèches de l'âge de bronze (1600-1000 av J.C).
Les Ligures venant d'Italie s'installent dans le sud et laissent sur notre commune les premiers oppidas (camps fortifiés) qui seront suivis par de nombreux autres à l'époque gallo-romaine.
Notons les trois plus importants (superficie, richesse des vestiges) :
-Le camp Aurélien
-Le camp de la Bouisse 
-Le camp du Castellas
A signaler aussi l'oppidum du Pilon du St-Clément (Barres de Cuers : 705 mètres) qui serait le poste de guet.
Les trouvailles  : murs, fragments de meubles, petits vases à parfum, fragments de doliums, de tugulaes, restes d'enceintes, tessons, monnaies massaliotes, romaine. 
Ces objets démontrent qu'un habitat gallo-romain assez important s'est maintenu plusieurs siècles sur le quartier de la Foux.
A partir du 4ème siècl , les Wisigoths occupent la région et entourent Cuers d'une forte muraille (le château).

Au VIIIème siècle, pour échapper aux invasions Sarrasines et aux pillages, les habitants se réfugient dans les bois et les campagnes. C'est ainsi que se créèrent, vers 758, les hameaux de Valcros et de Salleta (St-Laurent).
A l'époque mérovingienne, Cuers fait partie du comté de Fréjus.


Parcours historique du vieux Cuers

Vers 973  : pour avoir combattu et expulsé les Sarrasins, le comte Guillaume II de Marseille reçoit en récompense un important territoire qui comprend, entre autre, le village de Cuers. Ce comte rassemble la population, fait construire un château (sur la butte où se dresse Notre Dame de Santé), des fortifications et une église. D'importants murs d'enceinte sont parvenus jusqu'à nous.
En 1032  : AICARD Vicomte de Marseille, seigneur de Cuers donne des terres aux moines de St-Victor de Marseille.
1234  : Confirmation de l'existence de l'hôpital (hospice) suivant acte de donation.
1265  : Le mariage de Guillaume GERAUD de Glandeves avec Béatrice de Marseille fait passer Cuers sous la tutelle des seigneurs de GLANDEVES.
1299  : Une première transaction établit les prétentions du seigneur sur la communauté (représentée par deux syndics).
1339  : La première transaction n'ayant pas été respectée par les gens du château, les cuersois obtiennent une deuxième transaction (cette transaction se trouve écrite sur un parchemin que l'on possède encore aujourd'hui).
1373  : Un noble cuersois Jean de GANTES (1328-1389) s'illustre comme brillant capitaine de la reine Jeanne en chassant avec l'aide des cuersois les Tuschins qui avaient assiégé le Castrum de Coreis. La plaine des Trémourèdes (les ennemis tremblèrent) fut le théâtre de cette sanglante bataille.


Le parchemin de la transaction de 1339

Fin du XIVème siècle  : Des portes furent construites pour fermer la Ville, l'une d'elles a subsisté « rue nationale ».
1383  : Cuers est assiégé par les toulonnais fidèles à Charles de DURAS, ennemi de la reine Jeanne. Ce siège dure 15 jours et les cuersois affamés, sont contraints de manger la viande d'ânesse, ce qui leur vaut le surnom de « manjes saomes ». La ville sera libérée par les alliés d'Isnard de GLANDEVES, seigneur de Cuers.
1391  : Les cuersois combattent pour la reine Marie-Jeanne , sœur de la reine Jeanne décédée, qui veut mettre fin aux divisions en Provence.
7 février  : La laboure des cuersois conduit la reine à faire donation de territoires et octroie des privilèges au village et à ses habitants. Ces faveurs qui récompensent le sacrifice et la fidélité des cuersois irritent les habitants des bourgs voisins, jaloux des largesses de la reine envers eux ; ce qui leur a valu le surnom de « bâtards de la reine Jeanne  ».
Ce privilège confirmé au XVIème siècle par Henri IV fut maintenu jusqu'au XIXème siècle.
Du XIème au XVème siècle  : Le nom de la cité n'est pas fixé et c'est ainsi que l'on rencontre Corios, Coria, Coriis, Cueriis, Coréis, Coreis, Correis.
1579  : Les guerres de religion sévissent dans notre région entre les Carcistes (ennemis de l'hérésie) et les Razats (partisans de la tolérance religieuse).
VINS, chef des Carcistes, occupe Cuers bien placé pour recevoir des renforts en vue de lancer des attaques sur Toulon, alors fief des Razats. Les cuersois prêtent main forte au capitaine BOYER et à sa troupe.
La jacquerie du JEUDI SAINT confirme le soutien des cuersois aux Razats. Le village pourtant fortifié est pris facilement, aussitôt, les habitants achètent des armes pour éviter le retour des Carcistes.
Le XVIIème siècle est marqué par des épidémies de peste (1621, 1640, 1664), des délibérés sont établis concernant les barricades, des billets de santé pour entrer ou sortir du bourg. Le quartier de l'infirmerie doit son nom à cette période.
Août 1689  : Désordres à l'assemblée générale de la communauté. Le Viguier est chassé de la ville. Une délégation demande à l'intendant de Toulon d'accorder à la commune des inhibitions contre les entrepreneurs qui avaient coupé les arbres des places.



Le bassin des 4 coins

XVIIIème siècle  : Ville étape des gens de guerre, ville occupée, ville combattante.
1707  : Les troupes ennemies du Duc de Savoie causent de nombreux dommages dans le village. Des maisons sont incendiées, les habitants s'enfuient dans les bois. Chapelles et église sont pillées (vol du calice à Sainte-Christine). Pour surmonter la grande détresse et enrayer la misère subie par l'occupation de l'ennemi, les cuersois adressent au Parlement d'Aix, une demande de remise d'impôts, et d'obligations.
1720  : LA peste exerce à nouveau des ravages en Provence.
Les mesures préventives exceptionnelles prises par des Cuersois ont été bénéfiques, aucun décès ne sera signalé durant cette grave épidémie.
1779  : Le 29 mai, une femme ne jouissant pas de toutes ses facultés mentales, parcourt le village, lance des imprécations à M. HUGUES qui, une heure plus tard est frappé d'apoplexie.
Les habitants s'emparent de cette diablesse et la brûlent comme sorcière. Depuis ce jour, les cuersois se virent attribuer le surnom de « brulos frémes » (brûle-femme).
Cuers sous la révolution - 1790  : Cuers devient Chef-lieu du district pour l'administration des municipalités et du tribunal du district de la justice.
1792  : La partie est en danger, la communauté achète des fusils mais les femmes refusent de livrer les cloches pour la fabrication de monnaie. Les années suivantes voient la réquisition de Cuers pour la fabrication de chaussures, le don du conseil de tous les objets en or et en argent pour aider les volontaires de l'armée de la République. Dans un même temps, les cuersois décident de faire disparaître toute trace de la royauté ou de la féodalité.
L'an V  : voit l'établissement du bureau de Poste. Durant cette période d'instabilité politique, des brigands armés pillent les maisons du village.
1815  : La fin de l'Empire est marquée par le passage sur notre territoire des troupes anglaises et autrichiennes.
1818  : Le cimetière, qui était situé à l'actuelle place de la convention, est transféré sur son site actuel.
1821  : Solliès-Pont demande sa scission du canton de Cuers.
1825  : Découverte archéologique dans le jardin de M. CASIMIR AURRAN. Il s'agit de monnaies romaines.
1835  : Une épidémie de choléra sévit dans la région, des fonds sont votés pour recourir les indigents.


Parvis de Notre Dame de Santé

L'insurrection de 1851 à Cuers et se conséquences :
En 1848  : Le feu couvre le village. Le Maire Victor ROUBAUD, propagandiste de LEDRU-ROLLIN est révoqué.
La nomination de Louis BARRALLIER, contre révolutionnaire et la nouvelle du coup d'état provoque des émeutes. Une délégation menée par Marius Désiré MOURRE dit le « pacifique » se dirige vers la mairie et investit le bureau du Maire.
Le 4 et 5 décembre 1851  : l'insurrection est en marche. Les soldats tirent sur le jeune Paul PANISSE et le traînent devant la mairie ; celui-ci succombe quelques heures plus tard à l'hospice. Suite à cet événement, le mouvement se développe : arrestation du Maire, constitution d'une commission provisoire. Les cuersois se rassemblent dans les « chambrées » pour faire la politique et parler du célèbre cuersois Benjamin FLOTTE qui, à Paris, luttait au côté d'Auguste BLANQUI pour la République. Après plusieurs années d'emprisonnement, il reviendra sur le devant de la scène dans les années 1870, continuant son combat pour établir la République.
Cependant à Cuers, le 6 décembre 1851 , une rafle met fin à l'insurrection. Dans la rue Queirade, des militaires criblent de balles le jeune Siméon PANISSE âgé de 18 ans qui tenait à s'enfuir. De nombreux cuersois républicains seront arrêtés et déportés comme Marius, Désiré MOURRE mort au bagne en 1858.
1877  : Cuers reçoit BLANQUI, un grand accueil lui est réservé. La réunion donnée au théâtre, organisée en son honneur regroupe les citoyens et les délégations de la région. On vient applaudir le martyr de la liberté. En 1903, la rue fontaine d'Hugues deviendra la rue Panisson.
1883  : Création d'une compagnie de sapeurs pompiers.
1893  : Dénomination de la place François BERNARD en hommage au Maire de Cuers Conseillé Général du Var de 1881 à 1893.
Au cours de ce siècle, on peut noter la plantation de deux arbres (micocouliers) dont un subsiste à valcros, l'inauguration d'une statue de Marianne sur une fontaine, la réalisation des abattoirs, du chemin de fer et de la gare, l'édification complète du groupe scolaire ainsi que la construction de nombreuses fontaines.
Le XXème siècle est marqué par les deux guerres mondiales. Devant le nombre important de cuersois victimes de la première guerre mondiale (1914-1918), le Maire François BRUN inaugure le 1er novembre 1916 le premier monument aux morts. Le bilan est lourd, on décide de perpétuer le souvenir des quatre frères BERNARD tombés au champ d'honneur : une rue porte leur nom en 1935. Cette guerre conduira les autorités gouvernementales à implanter en 1918-1919, dans la plaine de Cuers – Pierrefeu, la B.A.N (Base aéronautique de Cuers). Le « Dixmude », dirigeable, disparu en 1923, y sera basé. Suivra la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) aussi meurtrière que la première.



ECONOMIE
Le village avait, dans le passé, une production très variée : culture de céréales, tabac, pommes de terre, chanvre, lin, élevage de moutons, chèvres, vaches, béliers, taureaux, vers à soie et apiculture avec les ruches.
Aujourd'hui, Cuers conserve ses activités agricoles qui occupent encore une large place dans le domaine de la vigne et des oliviers, tout en participant à l'évolution naturelle de la société.


Les orgues de Notre-Dame de L'Assomption

LE PATRIMOINE HISTORIQUE

Riche en histoire, Cuers comporte : des restes de fortifications, des porches, des chapelles… au travers de la vieille ville.
A ce patrimoine historique s'ajoute un patrimoine naturel. De Notre-Dame de Santé, un magnifique panorama s'offre aux visiteurs.
A ne pas manquer, en septembre, les Journées Européennes du patrimoine ainsi que la visite de l'Eglise Notre-Dame de l'Assomption et ses orgues classées Monuments Historiques (1668).

UNE PIECE RARE : LE PARCHEMIN DE LA TRANSACTION DE 1339
Ce sont 9 feuillets de parchemin qui, cousus bout à bout, forment dans leur ensemble une longueur de 11,40 mètres .
Ce parchemin reste le plus ancien manuscrit de la commune.
Cette transaction passée entre Isnard de GLANDEVES, seigneur de Cuers et les habitants maintenait dans la limite du droit et de la justice les prétentions des seigneurs.
Les clauses de cet acte devaient être un rempart pour garantir dans l'avenir les personnes et les biens du village.
Les privilèges accordés à la communauté et appliqués pendant trois siècles font de ce document une pièce unique.